Galerie des Modernes

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Gen-Paul

Expressionisme, Montmartre

(1895 – Paris – 1975)

 Gen-Paul

De la vie de Gen Paul, la rumeur ne met en relief que quelques traits : la Butte, la rue, le mutilé de guerre, l’anarchiste, l’ami de Céline. Toutes ces affirmations sont justes mais pourtant expéditives. Né rue Lepic, au cœur du folklore montmartrois, sa mère est brodeuse, son père musicien de cabaret. Dès l’obtention de son certificat d’études, Eugène Paul se met immédiatement à travailler pour gagner sa vie.

En 1913, il s’essaye à la peinture de manière spontanée, d’abord sur des supports improvisés, tel que des boites de cigare trouvés dans les bureaux de tabacs.

L’année suivante, à la déclaration de guerre, il devance l’appel et s’engage. Une première blessure en 1915, suivie d’une seconde quelques temps après nécessitent l’amputation de sa jambe droite.

Réformé puis démobilisé, il revient à Paris en 1916 et commence à peindre. Il combat ses douleurs issues de ses blessures de guerre, s’adonne à l’alcool pour les oublier ce qui le conduira à des crises de délirium lors d’un voyage à Madrid. De 1916 date sa première peinture à l’huile, un Moulin de la Galette vu de sa fenêtre. En 1918, il signe sa première toile Gen-Paul.

En 1920 il expose au Salon d’Automne, et sa première exposition personnelle a lieu à la galerie Bing en 1926. Cette même galerie organise en 1928 une exposition où elle présente des œuvres de Gen Paul, aux cotés de celles de Picasso, Rouault, Braques et Soutine qu’il ne connaissait pas encore. Bing dans un long texte consacré à Gen Paul le met au même niveau que ceux-ci. Gen Paul signe alors un contrat avec Bernheim, dénoncé après le krach de 1929.

Jusqu’en septembre 1930, il voyage, travaille sans arrêt, saisi d’une sorte de frénésie. Il voyage notamment à New York en tant que passager clandestin, il y fait des croquis qu’il rapporte à l’atelier, et qui annoncent une grande toile.

De retour à Paris, affaibli par la maladie, il perd une grande partie de ses moyens. Convalescent, il recommence peu à peu à travailler et fait la connaissance d’artistes et d’écrivains : Francis Carco, Marcel Aimé, Louis-Ferdinand Céline, dont il devient l’ami et de qui il illustre plusieurs ouvrages tel que Voyages au bout de la nuit ou encore Mort à crédit. Il produit également des gravures, dont un recueil : Les vues de Montmartre.

Après la Seconde Guerre Mondiale, il fait de nombreux séjours à New York. En 1952, il rencontre enfin le succès à l’occasion de l’exposition à la galerie Drouant-David.

Son thème de prédilection est le mouvement, d’où la fréquence dans l’ensemble de sa production des courses de chevaux, courses cyclistes, musiciens en action, animation de la foule dans les rues de Paris. Même lorsqu’il peint une jeune femme au repos, un vase de fleurs, il disloque les contours, fracture les formes. Outre nombre de scènes de son quartier de Montmartre et de portraits de son ami, le compositeur Darius Milhaud, on connaît de Gen Paul des peintures et dessins faits aux États-Unis, scènes de jazz et musiciens classiques, sujets pour lesquels il manifestait beaucoup d'intérêt.

Un grand nombre de ses œuvres appartient à des collections privées, mais un nombre significatif se trouve dans les musées de France et d'autres pays d'Europe, tels les musées de Berne et de Granville. Le Musée d'art moderne de la ville de Paris conserve dans ses réserves deux grands tableaux de la fin des années 1930.

Ses instantanés, ses esquisses au trait véloce et parfois humoristique, ses admirables études, révèlent son enthousiasme pour la vie dans ses manifestations les plus humbles et les plus inattendues et témoignent d’une éducation obstinée de l’oeil.

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