Galerie des Modernes

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Serge Ferat

Cubisme, Avant-garde

(Moscou, 1881 – Paris, 1958)

Serge Ferat

Actif en France depuis 1901, Serge Ferat est le pseudonyme du comte Sergueï Nikolaïevitch Yastrebzov, qui utilisait aussi comme autre pseudonyme celui de Roudniev. Serge Ferat voyage souvent durant sa jeunesse, aussi bien en Angleterre, qu’en France, en Italie ou en Allemagne. Il arrive en Europe occidentale en 1899, et s'installe en 1900 à Paris dans le grand duplex de sa cousine germaine, la baronne Hélène Oettingen, fille de sa tante maternelle. Il suit alors les cours de Bouguereau à l'Académie Julian. Il fut aussi élève de Baschet et Schomer. Sous le pseudonyme de Roudniev, il expose l'année suivante au Salon des artistes français plusieurs tableaux influencés par Maurice Denis. Aristocrate aisé et cultivé, le jeune comte s’entoure de poètes et de peintres et fréquente souvent, vers 1905, le Lapin Agile. A cette période, il achète beaucoup de peintures; notamment une douzaine d’œuvres du Douanier Rousseau, de Picasso et de Braque.

Ses peintures de 1910 s’inspirent des Italiens du Quattrocento et reçoivent la faveur de Maurice Denis. Il fut ensuite influencé par l’œuvre de Cézanne.

Dès 1911, il fréquente Picasso et Apollinaire, dont il devient l’ami et c’est le poète qui lui trouve son pseudonyme de Ferat. Le rôle joué par Férat dans la diffusion du cubisme est indéniable. Avec sa cousine, la baronne d'Œttingen, il recevait dans le salon de celle-ci toute l'avant-garde parisienne et fut notamment le commanditaire de la deuxième série (nov. 1913-juill.-août 1914) de la revue les Soirées de Paris, organe officieux du " Cubisme écartelé " d'Apollinaire. Il en prend la direction artistique sous le pseudonyme de Jean Cérusse (de «ces russes »). Cependant, la revue est interrompue par la Grande Guerre.

Engagé comme infirmier volontaire dans les ambulances russes, puis à l'Hôpital militaire italien ouvert le 1er décembre 1915 au 41 quai d'Orsay, il dirige l'établissement sous la responsabilité du Docteur Ballodonmi.

En 1917, Serge Férat réalise la brochure, les décors et les costumes des Mamelles de Tirésias d’Apollinaire. L’Etat lui commande également trois cartons de tapisserie pour la manufacture de Beauvais. Ruiné par la révolution russe, il est un peu délaissé par le cercle d’artistes qui se pressaient à ses fêtes et ne continue à fréquenter que Survage, Gleizes et Delaunay.

Il expose au Salon des indépendants, au Salon d'automne et au Salon de la Section d'Or. Dans les années 1930, son style cubiste devient peu à peu décoratif. Des rencontres avec Picasso et les cubistes, il adopte l’esthétique, mais en la transposant à sa mesure, devenant ainsi le peintre des bergeries et des fêtes galantes cubistes, un cubiste de la grâce et du raffinement. Il participe à l'Exposition d'art russe à Prague en 1935. Son œuvre est remarquée à la grande exposition cubiste en 1953 au musée d'art moderne de Paris. Néanmoins, Serge Férat détruisit nombre de ses œuvres et mourut dans le dénuement et un oubli presque général.

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