Galerie des Modernes

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Léonard Tsuguharu Foujita

Ecole de Paris, Montparnasse

(Tokyo, 1886 – Zurich, 1968)

Léonard Tsuguharu Foujita

Fils de samouraï, Tsugouharu Foujita perd sa mère à l’âge de cinq ans ; il est élevé par sa sœur ainée. Il étudie à l’Ecole Impériale des Beaux Arts de Tokyo à partir de 1915. Récompensé très jeune lors d’expositions au Japon, le début de sa carrière est favorisé par l’achat de l’une de ses œuvres par l’Empereur. Il est également appelé à peindre le portrait du souverain de Corée. Foujita semble ainsi promis à une éclatante carrière nationale, néanmoins il se tourne vers l’Occident.

Ayant étudié la peinture européenne, notamment les avants gardes français, il se rend à Paris en 1913. L’année suivante il fait un court passage à Londres, où il exerce divers métiers. De retour à Paris en 1915, il s’installe à la Cité Falguière. Il devient rapidement une des figures de Montparnasse et réalise alors des portraits de modèles sont parfois célèbres : Kiki de Montparnasse, Gertrude Stein, Olga Picasso. Il rencontre également Pablo Picasso, mais Foujita préfère sa collection d’œuvres du Douanier Rousseau au travail du peintre cubiste. Il noue aussi des relations amicales avec Soutine, son voisin.

Les premières aquarelles de Foujita témoignent de l’influence de Marie Laurencin et de son ami Modigliani. Dessinateur d’une rare souplesse, ami de la grâce, il travaille avec les techniques artisanales de son pays, couvrant peu ses toiles, usant du tampon autant que du pinceau. La facture de Foujita est très caractéristique, notamment par une utilisation très volontaire du blanc (un blanc réalisé grâce à un mélange de peinture à l’huile à base de colles animales et de gesso qui donne l’éclat mat de l’ivoire),  d'une ligne fine et d'une forme de perspective aplatie. Outre ses portraits et ses natures mortes, ce sont surtout ses nus féminins qui l’ont rendu célèbre.

En 1917, à Paris, sa première exposition se tient à la galerie Chéron. Il participe également aux Salon d’Automne, dont celui de 1921, où son autoportrait, son nu et une nature morte sont très bien reçus par la critique. En 1926, l’Etat lui achète une toile, L’Amitié. Il consacre les années 1930 à 1950 à voyager et rencontre un grand succès en Europe et aux Etats Unis, où il devient professeur à l’Ecole des Beaux Arts de Brooklyn. A la même période, il expose de nombreuses fois au Japon.

Durant les années 50, il partage son temps entre les Etats Unis et la France, et offre, en 1951, quatre toiles au Musée National d’Art Moderne de Paris. En 1955, il adopte la nationalité française et devient catholique. Il se fait baptiser à Reims sous le nom de Léonard à l’âge de 73 ans, en hommage à Léonard de Vinci. C'est à cette époque que Foujita s'oriente vers des thèmes très religieux.

L’ensemble de son œuvre est marqué par des périodes distinctes soumises à des influences occidentales. Certaines de ses toiles témoignent de sa grande connaissance des œuvres du passé et mêlent tradition asiatique et occidentale au sein de créations délicates et poétiques. 

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