Galerie des Modernes

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Georges Valmier

Section d'Or, Cubisme, Abstraction

  • Composition

Georges Valmier

(Angoulême, 1885 - Paris, 1937)

Composition, circa 1925-1930

Gouache sur papier
Signée en bas à droite  G. VALMIER 
26,7 x 20,2 cm 

 

Bibliographie :  

 


Evoluant vers un mode d’expression nouveau issu de la leçon de Cézanne, le travail de VALMIER est essentiellement solitaire, même si sa production présente des parallélismes avec les recherches de Braque, de Picasso, ou encore de Léger et d’Hayden. 
En 1918, VALMIER rencontre le collectionneur et marchand Léonce Rosenberg, directeur de la Galerie de l’Effort Moderne à Paris qui présente les œuvres de Gleizes, Herbin, Mondrian, Fernand Léger … En 1920, il lui signe un contrat qui ne cessera qu’à la mort de l’artiste en 1937. C’est dès cette période de la fin de la première guerre, que VALMIER fera précéder ses toiles de gouaches préparatoires très abouties (jusqu’à 6 ou 7), exécutées sur des papiers très fins dont les variantes, aux couleurs à la fois délicates et audacieuses, permettent de mesurer la subtilité du travail et le cheminement même du peintre vers l’huile finale. 
A ce propos, dans une lettre datée du 4 Février 1927, Léonce Rosenberg a écrit à l’artiste : « Vous attachez pratiquement beaucoup d’importance aux gouaches, ce sont des hors-d’œuvres qui peuvent mettre en appétit mais qui n’engraissent personne».
Ce travail de « miniaturiste », tout à fait original dans l’histoire du Cubisme fera surnommer VALMIER par Léonce Rosenberg « le Fouquet de la peinture moderne ».
Dans notre œuvre, VALMIER combine une composition faite de formes géométriques simples et harmonieusement placées évoquant le collage et confinant à l’abstraction pure avec une palette traitée en aplats. Même si l’agencement des cercles et des triangles entre eux pourrait évoquer une silhouette humaine, la recherche de l’artiste est d’avantage dans la réalisation d’une construction stable et équilibrée faite formes géométriques très nettement délimitées par la couleur. VALMIER cherche à sonder, au-delà des apparences humaines, une autre réalité, plus mystique, à travers la décomposition de la figure. Il écrivait lui-même « Avec les manifestations plastiques actuelles, la couleur prend sa véritable signification, sa vie propre […] La couleur est de la matière destinée à exprimer de l’esprit ». Notre gouache est ainsi une véritable joie pour les yeux avec ses couleurs délicates, tendres et harmonieusement groupées, et sa composition arrangée dans un raffinement remarquable. L’écrivain et collectionneur de VALMIER, Georges Pillement écrivit : « [VALMIER] a su mettre dans son œuvre un tel dynamisme qu’elle nous parait continuellement en travail, que les lignes et les formes que nous percevons continuent à se modifier suivant les lois de transformation incessantes qui régissent les être et la nature toute entière ».

Au début des années 30, VALMIER participe à plusieurs expositions à New-York, Vienne et Varsovie ; ainsi qu’à Paris à la Galerie de l’Effort Moderne, à la Galerie Briant-Robert, à la Galerie des Beaux-Arts, et au Salon des Indépendants. Renouant définitivement avec l’abstraction, il devient un des membres les plus actifs du groupe Abstraction-Création qui va jouer un rôle déterminant dans l’évolution de l’art non figuratif. 

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