Galerie des Modernes

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Georges Mathieu

Abstraction Lyrique, Tachisme

(Boulogne-sur-Mer, 1921 – Boulogne-Billancourt, 2012)

Georges Mathieu

Mathieu est l’un des pères de l'Abstraction Lyrique. Né dans une famille de banquiers, il s'oriente d'abord vers des études de droit, de lettres et de philosophie. Dès 1942, il décide de se tourner vers les arts plastiques et exécute ses premières peintures à l’huile. Il réalisa ses premières toiles dans une démarche intellectuelle, à partir de lectures. Autodidacte, il se convainquit de la possibilité d’une expression graphique et plastique indépendante de la représentation d’aucune réalité. Ses premières toiles dans cette voie datent de 1944 : Inception et de 1945 Evansexence-Eternité, caractérisées par de coulures et des tracés réalisés directement en pressant le tube de peinture. Il exerce pendant quelques années le métier de professeur avant de se lancer dans une carrière artistique.

Opposé à l’abstraction néo-constructiviste qui avait conquis le Salon des Réalités Nouvelles, il contribua à la définition de l’abstraction lyrique. En 1946, il réalise sa première exposition à Paris au Salon des moins de Trente ans. En 1947, il expose au Salon des réalités Nouvelles des toiles composées de taches de peinture directement jaillies du tube, les couleurs ayant été écrasées par ses doigts et ce, dès 1944. Il organisa en 1947 l’exposition Imaginaire et en 1948 l’exposition HWPSMTB, qui réunissait Hartung, Wols, Picabia, Stahly, Mathieu, Tapié, Bryen. Puis il organisa la manifestation Black and White confrontant les peintres de son groupe de Paris et quelques peintres américains récemment découverts et qui lui semblaient travailler sensiblement dans le même esprit. Sa technique gestuelle est définie à partir de 1948 avec Décadence Rouge, Arithmée, Phosphène, Pertre II, Açones et en 1949 Incronation. En 1950, il réalise ses premières peintures tachistes et réalise sa première exposition personnelle à la galerie Drouin à Paris. Depuis la même année, il expose aux États-Unis et au Japon.

Malgré les apparences superficielles, son graphisme est foncièrement différent des calligraphies extrême-orientales, puisque non fondé sur un vocabulaire signifiant, mais, au contraire, sur des signes non-conventionnels, non-fixés, toujours renouvelés et refusant toute relation avec un signifié. Il ne retient finalement de la calligraphie extrême-orientale que la vitesse d’exécution.

Pour le Salon de Mai 1954, il réalise la Bataille de Bouvines, suivie de toute une série de Batailles. À partir de la même année 1954, lors de happenings ou performances minutées devant un public, il peint de vastes toiles en un temps record pour mettre en valeur la rapidité et la spontanéité du geste. Ainsi, en 1956 au théâtre Sarah-Bernhardt à Paris, Mathieu, devant près de 2000 spectateurs, crée un tableau de 4 × 12 mètres en utilisant pas moins de 800 tubes de peinture. Mathieu refuse les processus néantisseurs des démarches artistiques qui lui font suite, prônant la pérennité de la tradition, sous-tendant les démarches révolutionnaires, point de vue qu’il exposa à l’occasion de conférences et de nombreux écrits, jusqu’à son livre Au-delà du Tachisme de 1963, époque où il mit terme à son exploration de la gestuelle paroxystique. Cette même année 1963, Mathieu accède à la consécration officielle grâce à sa grande Rétrospective au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

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